La peur est l’absence d’amour. Elle est la racine qui se cache sous beaucoup d’autres racines. La Bible l’appelle par son nom et montre dans le même souffle le remède : « Il n’y a pas de peur dans l’amour. »
D’où vient le mot, et une distinction importante

La Bible connaît deux choses très différentes qui se confondent facilement. L’hébreu yirah désigne la crainte révérencielle, une bonne et vaste retenue devant le Saint, comme lorsqu’on se tient devant la mer. C’est de cela que parle « la crainte de l’Éternel ». Tout autre chose est la peur qui paralyse, en grec deilia, la timidité qui rapetisse et qui lie. C’est exactement cette peur que Paul vise quand il dit qu’elle ne vient pas de Dieu.
Pourquoi elle est la racine sous les racines

Sous l’amertume se cache souvent la peur d’être blessé. Sous le besoin de tout contrôler, la peur de perdre. Sous le rejet de soi, la peur de ne pas suffire. La peur est le moteur qui entraîne beaucoup d’autres fardeaux. Et parce que la peur est le contraire de la confiance, elle tient l’homme loin de l’amour qui le guérirait. Voilà pourquoi cela vaut la peine de creuser jusqu’au fond, jusqu’à tomber sur elle.
Ce que la Bible veut dire
Deux phrases portent tout. « Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur, mais de force, d’amour et de sagesse » (2 Timothée 1,7). Et : « L’amour parfait chasse la peur » (1 Jean 4,18). Le remède contre la peur s’appelle agapè. Là où l’amour du Père arrive, la peur perd sa place.
« Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur, mais de force, d’amour et de sagesse. » L’Écriture place la peur et l’amour face à face, comme des adversaires.
2 Timothée 1,7 · 1 Jean 4,18Une peur permanente maintient l’axe du stress en alerte. Le cortisol et l’adrénaline tournent sans cesse, et cette « charge allostatique » ronge de façon mesurable le cœur, le système immunitaire et le cerveau. La sécurité et le lien la font redescendre.
McEwen & Stellar, 1993 (charge allostatique)Pourquoi cela libère
La peur ne se combat pas, elle cède devant l’amour. Dans la Nouvelle Alliance, l’homme se tient devant Abba, le Père, comme un enfant, en sécurité et non à l’épreuve. C’est exactement là que la peur perd son terrain. Ce n’est pas un sentiment que tu forces, mais une vérité dans laquelle tu te laisses descendre : tu es aimé avant d’avoir rien accompli.
En une phrase
La peur est l’absence d’amour et la racine sous bien des fardeaux. Son remède est l’agapè du Père, dans laquelle la peur n’a plus de place.
Pour aller plus loin
La racine et le fruit : pourquoi tu es vraiment ici
Agapè : l’amour du Père qui se donne
Le péché : la séparation d’avec l’amour
Mots clairs : les termes expliqués honnêtement

