Aufgeschlagene Bibel im Licht

Ancienne Alliance, Nouvelle Alliance : pourquoi c’est décisif pour l’alimentation

Qui interroge la Bible sur l’alimentation se trouve aussitôt devant la question qui détermine tout le reste. Elle est la clé qui ouvre chaque porte ou la claque : Ancienne Alliance ou Nouvelle Alliance ?

Presque tous les malentendus autour de l’alimentation biblique viennent du mélange de ces deux alliances. Les uns lisent les lois alimentaires de Lévitique 11 et en font une loi contraignante pour les chrétiens. Les autres lisent les paroles de liberté de Paul et font comme si les commandements n’avaient jamais existé. Les deux camps déchirent ce qui va ensemble, parce qu’ils ne prennent pas assez au sérieux le tournant décisif : la croix.

L’Ancienne Alliance : l’alliance de Dieu avec Israël

Au Sinaï, Dieu a conclu une alliance avec le peuple d’Israël. Il lui a donné la loi, la Torah, comme ordre de vie complet. Elle contenait les lois alimentaires. Lévitique 11 définit avec des critères clairs quels animaux Israël pouvait manger et lesquels non. Les animaux terrestres devaient avoir le sabot fendu et ruminer. Les animaux aquatiques devaient avoir des nageoires et des écailles. Rapaces, charognards, reptiles : tout cela impur.

Ces commandements étaient contraignants. Pas une recommandation, pas un guide flexible. Ils étaient loi pour le peuple de l’alliance. Leur but n’était pas l’hygiène, mais la sainteté : « Vous serez saints, car je suis saint » (Lévitique 11,44). Les lois alimentaires mettaient Israël à part des nations. Elles faisaient de la table un lieu de distinction.

Pourtant, la loi n’a jamais été le but. Elle était une ombre. Paul écrit en Colossiens 2,17 : les lois alimentaires, les jours de fête, les nouvelles lunes, même le sabbat étaient « une ombre des choses à venir, mais le corps est le Christ ». Une ombre montre que quelque chose de réel est là et projette ses contours en avant. Mais l’ombre n’est pas la personne. L’ombre était l’Ancienne Alliance. La personne est le Christ.

Jésus avant la croix : sous la loi

C’est un point souvent négligé, et il est décisif. Jésus de Nazareth est né juif, « né sous la loi » (Galates 4,4). Il observait la Torah. Il mangeait casher. Il a enseigné et agi avant sa mort sur la croix, donc sous la loi mosaïque. Il n’aurait pas aboli les lois alimentaires au milieu de son ministère terrestre, car cela aurait signifié briser la loi sous laquelle il se tenait lui-même. Il le dit lui-même : « Je ne suis pas venu abolir la Loi ou les Prophètes, mais accomplir » (Matthieu 5,17).

Cela signifie : tout ce que Jésus a dit et fait avant la croix s’est passé sous les conditions de l’Ancienne Alliance. Ses disciples ne mangeaient pas de porc. Ils distinguaient le pur de l’impur. Qui ignore ce cadre temporel lit mal les Évangiles.

Le tournant : la croix

La croix change tout. Avec la mort et la résurrection de Jésus commence la Nouvelle Alliance. Ce qui était ombre trouve maintenant son accomplissement en Christ. L’ombre cède la place à la réalité. Les lois alimentaires, les fêtes, le sabbat : autant de préfigurations qui reçoivent leur substance en Christ.

La lettre aux Hébreux déploie cela avec le sabbat : il existe un repos que Dieu tient prêt depuis la fondation du monde. Le sabbat hebdomadaire n’était qu’une indication. Le vrai repos du sabbat, c’est le Christ lui-même (Hébreux 4,1-11). Qui est en Christ se repose chaque jour. De même pour les lois alimentaires : elles étaient un doigt pointé vers quelque chose de plus grand. Maintenant que le plus grand est là, le doigt a fait son service.

Marc 7,19 : le verset que les deux camps lisent mal

Marc 7,19 est le verset le plus cité et le plus détourné dans cette question. La dispute de Marc 7 porte sur le lavage rituel des mains, une tradition pharisienne. Il ne s’agit pas de Lévitique 11. Jésus enseigne : ce qui rend vraiment impur vient de l’intérieur, du cœur, pas de l’assiette. Puis vient, mis entre parenthèses dans la plupart des traductions modernes : « Il déclarait ainsi purs tous les aliments. »

Cette parenthèse est un commentaire de l’évangéliste Marc, qui écrit son Évangile après la croix. Il regarde en arrière et interprète. Ce n’est pas une citation littérale de Jésus au moment de la controverse. Jésus se tenait encore avant la croix, sous la loi, et mangeait casher. L’incise « tous les aliments purs » est une lecture postpascale de Marc, écrite dans la perspective de la Nouvelle Alliance. Avant la croix n’est pas après la croix. Qui ne sépare pas cela mélange les alliances et perd le fil conducteur.

La Nouvelle Alliance : liberté, pas loi

Après la croix, la liberté est attestée haut et fort, à plusieurs voix. Un large chœur, pas un verset isolé.

En Actes 10, Pierre voit une vision sur le toit à Joppé : une toile pleine d’animaux, purs et impurs mêlés. Une voix dit : « Lève-toi, Pierre, tue et mange ! » Pierre refuse. La voix revient : « Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne l’appelle pas impur. » Trois fois. Les lois alimentaires de l’Ancienne Alliance ne s’appliquent plus dans la Nouvelle Alliance.

Paul le confirme à plusieurs reprises. Romains 14 : le royaume de Dieu n’est pas le manger et le boire, mais justice, paix et joie dans le Saint-Esprit. Colossiens 2,16 : que personne ne vous juge à propos de nourriture ou de boisson. 1 Timothée 4,4, la somme : « Tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, si on le prend avec action de grâces. » C’est la liberté. Pas de nouvelle loi. Pas de nouvelle liste. Les lois alimentaires étaient une ombre. Le Christ est la réalité.

La sagesse, pas la loi : ce que cela signifie pour bible-diet

Cette distinction entre Ancienne et Nouvelle Alliance est la paire de lunettes à travers laquelle nous lisons tout chez bible-diet : Éden, les lois alimentaires, la vision de Pierre, les paroles de liberté de Paul. Chaque texte est lu à sa place dans l’histoire du salut et interprété à partir de là.

L’ordre de création d’Éden garde sa valeur. Le plan d’origine, la nourriture végétale première, le principe de la semence et du fruit : tout cela est une sagesse qui invite. Mais jamais une loi contraignante pour le chrétien. Nous ne lisons pas Éden pour ramper de nouveau sous un commandement. Nous lisons Éden pour comprendre comment Dieu pensait quand il a fait le monde. C’est une différence.

Nous lisons les lois alimentaires de Lévitique 11 comme ce qu’elles sont : une instruction contraignante pour Israël sous l’Ancienne Alliance, une ombre de ce qui venait. Aujourd’hui une source de compréhension profonde de la pensée de Dieu sur le pur et l’impur, sur l’ordre et la distinction. Mais pas une prescription pour la table d’un chrétien.

La liberté dans la Nouvelle Alliance ne signifie pas l’arbitraire. Elle signifie : pas de légalisme, pas de culpabilité, pas de contrainte. Qui choisit par sagesse une certaine alimentation le fait en liberté. Qui mange autrement, de même. Personne ne juge l’autre. Tout repose dans l’agapè du Père. Abba porte la table. Pas la loi.

Le Christ est l’accomplissement. L’ombre s’est retirée. Ce qui reste, c’est la filiation, pas l’esclavage. Le cœur, pas l’assiette. Qui comprend cela lit la Bible de la première à la dernière page dans la bonne lumière.

Pour aller plus loin

Les lois alimentaires : ce que dit vraiment Lévitique 11
La liberté dans la Nouvelle Alliance : reçue avec gratitude